COLLECTIF D'ARTISTES / LIEU DE CRÉATION / ZONE DE PARTAGE ARTISTIQUE & POLITIQUE / BREST
« Personne n’éduque autrui, personne ne s’éduque seul, les hommes s’éduquent ensemble par l’intermédiaire du monde. »  Paolo Freire

 

Suivez-moi jeune homme - Paris

Le problème n’est pas d’inventer l’espace (...) mais de l’interroger, ou plus simplement encore, de le lire ; car ce que nous appelons quotidienneté n’est pas évidence, mais opacité : une forme de cécité, une manière d’anesthésie.
Georges Perec

 

Le projet : Dérive
Qu’est-ce qu’une dérive ?
Une ou plusieurs personnes se livrant à la dérive renoncent, pour une durée plus ou moins longue, aux raisons de se déplacer et d’agir qu’elles se connaissent généralement, aux relations, aux travaux et aux loisirs qui leur sont propres, pour se laisser aller aux sollicitations du terrain et des rencontres qui y correspondent. 
Guy Debord

Une dérive est un exercice défini par l’intellectuel situationniste Guy Debord en 1956. C’est une balade dans laquelle le participant est invité à se laisser guider par les signes que lui propose son territoire quotidien. Une dérive nous permet de gratter les couches du réel, de se réapproprier l’espace quotidien et d’entrouvrir les portes d’un nouveau monde sensible. Avec Dérive, nous interrogeons le territoire quotidien que nous envisageons comme étincelle au récit fictionnel.
Comment notre territoire quotidien, ces paysages habituels que nous traversons en boucle tout au long de nos journées, peut nous déplacer ? Comment ce déplacement nous permet de réinvestir cet environnement ? Il ne s’agit nullement de le ré-enchanter mais de prendre le temps de le regarder, de l’écouter et de laisser notre imagination vagabonder, de l’habiter.

Habiter.
Habiter. Mot incroyable. À peine prononcé un abri nous pousse sur la tête comme un parapluie. C’est sans conteste la barre du « t » Le mot habiter nous abrite Le mot habiter nous habite, regardez nos 2 bouches quand nous disons « ha », puis vient « bi ». « Bi » c’est deux, et Habiter c’est deux, à l’intérieur et à l’extérieur. Habiter c’est incroyable comme c’est complet.

 

Le propos

Dérive croit en l’imaginaire comme condition nécessaire pour habiter l’espace. Dérive propose une expérience qui déplace le spectateur en lui proposant un regard sensible et poétique sur ces territoires du quotidien.
Dérive s’entoure de matériaux visuels et sonores récoltés tout au long des résidences, aux récits pris en charge par les comédiennes et à l’intervention d’une illustratrice en direct.
L’exercice de la dérive nous renvoie à ce constat : l’imagination peut s’exercer partout, même sur nos espaces quotidiens que l’on pense connaître par coeur. Cette redécouverte et libre interprétation de ce qui nous entoure ne sont pas vaines. Elles ne sont pas
non plus une lubie enfantine. Détourner la réalité, ce n’est pas seulement une posture d’enfant, c’est une façon de s’approprier ce qui nous entoure, ne plus le subir pour remettre l’alternative au goût du jour. En découle cette conviction : l’imagination peut circuler dans tous les domaines de la vie. Guy Debord pensait qu’une révolution pourrait avoir lieu en commençant par révolutionner la vie quotidienne...

Les difficultés de la dérive sont celles de la liberté 
Guy Debord

Pourquoi se servir du médium du théâtre pour mener cette recherche sur notre rapport aux espaces du quotidien ? Pourquoi poser sur un plateau entre quatre murs une recherche sur ces territoires qui nous entourent ?
La disponibilité inhérente à la dérive décrite par Guy Debord est très proche de l’état de jeu de l’acteur ou de l’état de concentration du dessinateur, un état où tout est possible, où tout devient prétexte à jouer, imaginer. L’idée n’est nullement de jouer à jouer mais de retrouver ce goût de transformer.

 

La compagnie

Suivez-moi jeune homme (SMJH) s’organise autour d’un binôme de metteures en scène Brune Bleicher et Maroussa Leclerc. Elles proposent, grâce à la représentation théâtrale, un moment d’expérience collective permettant de poser un regard sensible sur le monde qui nous entoure.
Depuis 2012, Suivez-moi jeune homme défend une vision dynamique et ouverte de la recherche artistique comme une pratique exigeante et accessible à tous.
Les projets s’initient avec la rencontre de publics et médias spécifiques pour aborder des questions d’ordre sociétal.

 

Pour les suivre : 

Leur site internet

Leur facebook